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Quand utiliser keigo versus teineigo dans le travail

Maîtriser le Japonais : Quand Utiliser le Formel et l'Informel: Quand utiliser keigo versus teineigo dans le travail

Le keigo et le teineigo sont deux niveaux de langage poli utilisés au travail au Japon, avec des usages distincts. Le teineigo est la forme polie standard, utilisée dans la plupart des échanges formels et professionnels, notamment quand on s’adresse à des collègues, clients ou personnes que l’on ne connaît pas bien. Il se manifeste par des terminaisons verbales en « -masu » ou « desu » et est essentiel pour montrer une politesse générale au travail.

Le keigo, quant à lui, est un niveau plus élevé de politesse et comprend deux sous-formes principales : le sonkeigo (langage respectueux) et le kenjougo (langage humble). Le sonkeigo est utilisé pour montrer du respect envers une personne de statut supérieur, comme un supérieur hiérarchique ou un client, en valorisant ses actions. Le kenjougo sert à s’abaisser soi-même ou son groupe pour valoriser l’interlocuteur, souvent employé lorsque l’on parle de ses propres actions à un supérieur.

En résumé, le teineigo est employé dans la plupart des contextes professionnels comme base de politesse standard, tandis que le keigo est utilisé pour montrer un respect plus marqué envers des supérieurs ou des clients, notamment dans des situations formelles ou hiérarchiques très marquées. La maîtrise du keigo est particulièrement importante dans les relations clientèle et hiérarchiques au travail au Japon, alors que le teineigo convient pour la communication polie quotidienne entre collègues.

Cette distinction reflète la culture japonaise où le respect de la hiérarchie et des relations sociales est central dans la communication professionnelle. 1 2 3 4 5

Les situations typiques d’usage du teineigo

Le teineigo correspond souvent au niveau de politesse nécessaire pour des interactions courantes au travail. Par exemple, lors d’une réunion avec des collègues de différents services, on utilisera presque toujours le teineigo. Il est aussi de mise au téléphone lorsqu’on s’adresse à un interlocuteur dont on ne connaît pas le statut hiérarchique précis. Cela permet de rester professionnel sans risquer d’offenser par un langage trop familier ou trop honorifique.

Par ailleurs, le teineigo est la forme de base apprise très tôt par les apprenants japonais et étrangers. Selon une étude menée auprès d’employés dans des entreprises japonaises, environ 75% des échanges professionnels quotidiens s’effectuent au teineigo. Ce mode assure une politesse “neutre”, suffisante pour créer une atmosphère professionnelle respectueuse, sans complexité inutile.

Quand et pourquoi utiliser le keigo : un enjeu de statut social

Le keigo relève d’une compétence plus complexe car elle demande non seulement de connaître des formes verbales spécifiques, mais aussi de comprendre les relations sociales en contexte. Le sonkeigo vise à élever son interlocuteur, par exemple : pour dire « faire » (する), la forme sonkeigo est なさる (nasaru). Dire « manger » (食べる) peut devenir 召し上がる (meshiagaru) en sonkeigo.

Le kenjougo, à l’inverse, sert à s’abaisser soi-même ou son groupe social. Par exemple, au lieu de dire « Je vais faire cela » (する), en kenjougo on dira いたす (itasu). Ce double mécanisme sert à marquer clairement la hiérarchie et à éviter toute ambiguïté dans les rapports sociaux.

L’utilisation correcte du keigo peut influer sur les relations professionnelles. Une enquête auprès de recruteurs japonais révèle que 62% d’entre eux considèrent la maîtrise du keigo comme un indicateur clé de professionnalisme et d’intégration dans l’entreprise, en particulier dans les secteurs du commerce, des services et des relations clients.

Exemples concrets pour illustrer le choix entre keigo et teineigo

  • Entre collègues de même niveau hiérarchique :
    「お疲れ様です。」(Otsukaresama desu.) en teineigo est habituel au travail. Utiliser du keigo serait excessif, voire gênant.

  • Quand un subordonné s’adresse à un supérieur :
    「部長はご来社なさいますか?」(Buchou wa gorai-sha nasaimasu ka?) est sonkeigo pour demander « Le chef de service vient-il au bureau ? ». Dire simplement 「来ますか?」serait grossier.

  • Lorsque l’on parle de ses propres actions à un supérieur :
    「明日、資料をお送りいたします。」(Ashita, shiryō o okuri itashimasu.) utilise kenjougo pour « Je vous enverrai les documents demain », montrant de l’humilité.

Pièges courants et erreurs fréquentes

Un piège commun pour les débutants est de confondre le sonkeigo et le kenjougo, ce qui peut involontairement insulter l’interlocuteur. Par exemple, utiliser des formes kenjougo pour parler d’une action du supérieur peut donner l’impression que vous minimisez son rôle.

De plus, certains apprenants tentent d’employer le keigo à outrance dans des contextes où le teineigo suffit, ce qui peut sembler artificiel ou pédant face aux locuteurs natifs. Dans une seule entreprise japonaise, des managers ont rapporté que l’usage inapproprié et excessif du keigo a parfois rendu la communication difficile, en masquant l’intention réelle des interlocuteurs.

Comment progresser concrètement dans la maîtrise du keigo et du teineigo

La meilleure méthode inclut l’écoute attentive de conversations professionnelles natives et beaucoup de pratique en situations réelles ou simulées. Par exemple, les simulations d’échanges avec un tuteur, qu’il soit humain ou IA, permettent de recevoir un feedback précis sur l’usage contextuel.

Il est souvent recommandé d’apprendre d’abord toutes les bases du teineigo pour assurer un niveau minimum de politesse, puis d’intégrer progressivement le keigo, en commençant par les expressions les plus couramment utilisées, telles que いらっしゃる (irassharu) ou いたす (itasu).

Conclusion : équilibre et adaptabilité dans l’usage du langage poli au travail

Le choix entre keigo et teineigo au travail dépend donc de l’interlocuteur, de la situation et du degré de formalité. Maîtriser ces nuances est non seulement un avantage linguistique mais aussi un levier essentiel pour construire des relations professionnelles harmonieuses au Japon. Ce savoir-faire linguistique montre non seulement le respect des conventions sociales mais aussi une compréhension profonde de la culture japonaise.


Références