Quelles sont les principales erreurs des étudiants en ukrainien
Les principales erreurs des étudiants en ukrainien ne semblent pas directement détaillées dans les résultats obtenus, mais généralement, l’apprentissage du ukrainien par des étudiants étrangers présente plusieurs types d’erreurs typiques.
De manière résumée, les erreurs les plus fréquentes concernent la prononciation, la maîtrise des cas grammaticaux, l’usage verbal des aspects perfectif et imperfectif, ainsi que les influences négatives de la langue maternelle sur le vocabulaire et la syntaxe. Ces difficultés sont accentuées par l’orthographe spécifique à l’alphabet cyrillique et par des facteurs psychologiques liés au contexte sociopolitique.
Voici les erreurs principales fréquemment observées chez les étudiants apprenant l’ukrainien :
Erreurs phonétiques et de prononciation
- Difficultés à reproduire certains sons spécifiques à l’ukrainien, notamment les consonnes palatalisées (douces), par exemple le contraste entre [d] dur et [dʲ] doux, qui n’existe pas dans beaucoup de langues européennes. Ce contraste est essentiel car il peut différencier des mots (par exemple, “він” [vin] “il” et “вінь” [vinʲ] hypothétique).
- Certaines voyelles ukrainiennes comme [ɪ] (écrit “и”) ou [ɨ] qui ne se retrouvent pas dans les langues comme l’anglais ou le français peuvent poser problème et être confondues.
- Problèmes d’intonation et d’accentuation des mots, car la place de l’accent en ukrainien est mobile et variable. Mal placer l’accent peut changer le sens du mot ou rendre la prononciation incompréhensible.
- Par exemple, le mot “замок” peut signifier “château” [ˈzɑmɔk] avec l’accent sur la première syllabe, ou “serrure” [zɑˈmɔk] avec l’accent sur la deuxième syllabe. Beaucoup d’apprenants ont tendance à placer l’accent systématiquement au même endroit ou à suivre les règles d’accentuation de leur langue maternelle.
Erreurs grammaticales
- Usage incorrect des cas : l’ukrainien comporte 7 cas — nominatif, génitif, datif, accusatif, instrumental, locatif et vocatif. C’est une source majeure d’erreurs, notamment pour les étudiants dont la langue maternelle ne marque pas ou peu les cas. Par exemple, confondre l’accusatif et le génitif dans des phrases comme “Я бачу книгу” (Je vois un livre - accusatif) où une déclinaison incorrecte peut rendre la phrase incompréhensible.
- Erreurs dans la conjugaison des verbes, avec une difficulté marquée pour maîtriser les aspects verbal perfectif/imperfectif, qui indiquent non seulement le temps mais aussi la complétion de l’action. Les erreurs classiques comprennent l’utilisation du perfectif quand l’imperfectif est nécessaire (ex. dire “я написав листа” pour “j’écrivais une lettre” au lieu de “я писав листа”).
- Difficulté avec l’accord des adjectifs avec les noms en genre (masculin, féminin, neutre), en nombre (singulier/pluriel) et en cas. Par exemple, l’adjectif “гарний” (beau) doit changer selon le genre et le cas : “гарна книга” (beau livre, féminin), mais “гарний хлопець” (beau garçon, masculin).
- Les verbes pronominaux et les verbes de mouvement sont également souvent sources d’erreurs, car la différence entre des verbes comme “йти” (aller à pied) et “ходити” (aller régulièrement, répétitif) est importante mais peu intuitive.
Erreurs lexicales et collocationnelles
- Influence excessive de la langue maternelle pousse à une traduction littérale des expressions ou à des choix lexicaux inadaptés. Par exemple, un francophone pourrait tenter de traduire “prendre un rendez-vous” littéralement alors qu’en ukrainien on dira plutôt “записатися на прийом” (s’inscrire pour une consultation).
- Certaines collocations ukrainiennes ne correspondent pas à ce que les apprenants s’attendent ; par exemple, l’adjectif “гарячий” (chaud) est utilisé avec “чай” (thé) mais pas avec “кава” (café) qui demandera un autre qualificatif ou tournure.
- Le manque d’exposition à des exemples naturels conduit à des phrases qui sonnent artificielles ou maladroites.
Erreurs orthographiques
- Difficultés liées à l’alphabet cyrillique : confusion entre des lettres qui ont une forme proche ou un son similaire, comme entre “и” /i/ et “і” /i/ (qui se prononcent légèrement différemment), ou entre “г” /h/ et “ґ” /g/ qui marque une différence phonétique importante mais manque souvent dans l’enseignement.
- L’épellation des mots est compliquée pour ceux qui ne sont pas familiers avec le système d’écriture ukrainien. Par exemple, l’écriture des participes passés ou des formes verbales avec préfixes peut poser problème.
- Erreurs dues à la transcription approximative basée sur l’oreille, menant à des fautes dans la graphie qui peuvent changer le sens. Par exemple, confondre “ї” (une lettre distincte prononcée [ji]) avec “і” peut entraîner des malentendus.
Facteurs psycho-affectifs
- L’anxiété générale liée à la situation géopolitique en Ukraine, particulièrement depuis 2014 puis amplifiée depuis 2022, génère un stress qui peut bloquer les progrès et augmenter les erreurs, notamment à l’oral.
- L’impression que la langue est « difficile » à cause du système de cas ou des aspects verbaux augmente parfois la peur de parler, ce qui freine la pratique active et donc la correction naturelle des erreurs.
- Le sentiment d’isolement ou la rareté des partenaires pour la conversation réelle poussent certains étudiants à s’appuyer uniquement sur des exercices écrits ou des mémorisations passives, retarde la correction des erreurs fréquentes.
Comparaison avec d’autres langues slaves
Le paragraphe ci-dessus, qui décrit les erreurs en ukrainien, se rapproche des difficultés rencontrées dans l’apprentissage du russe ou du polonais, mais avec des spécificités propres à l’ukrainien. Par exemple, l’aspect verbal est souvent présenté comme plus compliqué en ukrainien à cause de la grande richesse des préfixes verbaux qui modifient les significations de manière subtile.
Comment minimiser ces erreurs en pratique
Pratiquer régulièrement avec un partenaire de langue ou un tuteur, y compris des outils d’IA pour simuler des conversations, s’avère décisif pour développer l’oreille à la prononciation correcte et apprendre les collocations idiomatiques. Les erreurs d’accord en genre et en cas diminuent fortement lorsque l’apprenant automatise des phrases-types dans des situations concrètes courantes.
L’apprentissage actif, basé sur la production orale dans des contextes réalistes (demander un itinéraire, faire des courses, présenter une opinion simple), corrige plus efficacement les erreurs qu’un apprentissage purement passif.
Cette synthèse est basée sur les observations générales des difficultés dans l’apprentissage de langues slaves et des retours sur les problématiques rencontrées par les étudiants ukrainiens, notamment en contexte universitaire et scolaire. 1, 2
Références
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